La coutume contre la Tradition

 

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Bismi Allah ar-Rahman ar-Rahim/سم الله الرحمن الرحيم‬/ Au nom de Dieu,Clément et Miséricordieux.

Nous tenons a faire partager a nos lecteurs et lectrices cet article de René Guénon publié dans Initiation et Réalisation spirituelle au chapitre IV. Cet article précise tout le danger de la « coutume » et son profond esprit de contrefaçon de la Tradition. Un article important au vue de la profonde confusion qui règne aujourd’hui lorsqu’on parle de Tradition…

Nous avons dénoncé à diverses reprises l’étrange confusion que les modernes commettent presque constamment entre tradition et coutume ; nos contemporains en effet, donnent volontiers le nom de « tradition » à toute sorte de choses qui ne sont en réalité que de simples coutumes, souvent tout à fait insignifiantes, et parfois d’invention toute récente : ainsi, il suffit que n’importe qui ait institué une fête profane quelconque pour que celle-ci, au bout de quelques années, soit qualifiée de « traditionnelle ». Cet abus de langage est évidemment dû à l’ignorance des modernes à l’égard de tout ce qui est tradition au vrai sens de ce mot ; mais on peut aussi y discerner une manifestation de cet esprit de « contrefaçon » dont nous avons déjà signalé tant d’autres cas : là où il n’y a plus de tradition, on cherche, consciemment ou inconsciemment, à lui substituer une sorte de parodie, afin de combler pour ainsi dire, au point de vue des apparences extérieures, le vide laissé par cette absence de la tradition ; aussi n’est-il pas suffisant de dire que la coutume est entièrement différente de la tradition, car la vérité est qu’elle lui est même nettement contraire, et qu’elle sert de plus d’une façon à la diffusion et au maintien de l’esprit antitraditionnel.   Ce qu’il faut bien comprendre avant tout, c’est ceci : tout ce qui est d’ordre traditionnel implique essentiellement un élément « supra-humain » ; la coutume, au contraire, est quelque chose de purement humain, soit par dégénérescence, soit dès son origine même. En effet, il faut ici distinguer deux cas : dans le premier, il s’agit de choses qui ont pu avoir autrefois un sens profond, parfois même un caractère proprement rituel, mais qui l’ont entièrement perdu par le fait qu’elles ont cessé d’être intégrées à un ensemble traditionnel, de sorte qu’elles ne sont plus que « lettre morte » et « superstition » au sens étymologique ; personne n’en comprenant plus la raison, elles sont d’ailleurs, par là même, particulièrement aptes à se déformer et à se mélanger à des éléments étrangers, ne provenant que de la fantaisie individuelle ou collective. Ce cas est, assez généralement, celui des coutumes auxquelles il est impossible d’assigner une origine définie ; le moins qu’on en puisse dire, c’est qu’il témoigne de la perte de l’esprit traditionnel, et en cela il peut sembler plus grave comme symptôme que par les inconvénients qu’il présente en lui-même. Cependant, il n’y en a pas moins là un double danger : d’une part, les hommes en arrivent ainsi à accomplir des actions par simple habitude, c’est-à-dire d’une façon toute machinale et sans raison valable, résultat d’autant plus fâcheux que cette attitude « passive » les prédispose à recevoir toute sorte de « suggestions » sans réagir ; d’autre part, les adversaires de la tradition, assimilant celle-ci à ces actions machinales, ne manquent pas d’en profiter pour la tourner en ridicule, de sorte que cette confusion, qui chez certains n’est pas toujours involontaire, est utilisée pour faire obstacle à toute possibilité de restauration de l’esprit traditionnel.

Le second cas est celui pour lequel on peut parler proprement de « contrefaçon » : les coutumes dont il vient d’être question sont encore, malgré tout, des vestiges de quelque chose qui a eu tout d’abord un caractère traditionnel, et, à ce titre, elles peuvent ne pas paraître encore suffisamment profanes ; on s’attachera donc, à un stade ultérieur, à les remplacer autant que possible par d’autres coutumes, celles-là entièrement inventées, et qui seront acceptées d’autant plus facilement que les hommes sont déjà habitués à faire des choses dépourvues de sens ; c’est là qu’intervient la « suggestion » à laquelle nous faisions allusion tout à l’heure. Quand un peuple a été détourné de l’accomplissement des rites traditionnels, il est encore possible qu’il sente ce qui lui manque et qu’il éprouve le besoin d’y revenir ; pour l’en empêcher, on lui donnera des « pseudo-rites », et on les lui imposera même s’il y a lieu ; et cette simulation des rites est quelquefois poussée si loin qu’on n’a pas de peine à y reconnaître l’intention formelle et à peine déguisée d’établir une sorte de « contre-tradition ». Il y a aussi, dans le même ordre, d’autres choses qui, tout en paraissant plus inoffensives, sont en réalité bien loin de l’être entièrement : nous voulons parler de coutumes qui affectent la vie de chaque individu en particulier plutôt que celle de l’ensemble de la collectivité ; leur rôle est encore d’étouffer toute activité rituelle ou traditionnelle, en y substituant la préoccupation, il ne serait pas exagéré de dire même l’obsession, d’une multitude de choses parfaitement insignifiantes, sinon tout à fait absurdes, et dont la « petitesse » même contribue puissamment à la ruine de toute intellectualité.

Ce caractère dissolvant de la coutume peut surtout être constaté directement aujourd’hui dans les pays orientaux, car pour ce qui est de l’Occident, il y a déjà trop longtemps qu’il a dépassé le stade où il était même simplement concevable encore que toutes les actions humaines puissent revêtir un caractère traditionnel ; mais, là où la notion de la « vie ordinaire », entendue dans le sens profane que nous avons expliqué en une autre occasion, ne s’est pas encore généralisée, on peut saisir en quelque sorte sur le fait la façon dont une telle notion arrive à prendre corps, et le rôle qu’y joue la substitution de la coutume à la tradition. Il va de soi qu’il s’agit là d’une mentalité qui, actuellement encore tout au moins, n’est point celle de la plupart des Orientaux, mais seulement de ceux qu’on peut dire indifféremment « modernisés » ou « occidentalisés », les deux mots n’exprimant au fond qu’une seule et même chose : lorsque quelqu’un agit d’une façon qu’il ne peut justifier autrement qu’en déclarant que « c’est la coutume », on peut être sûr qu’on a affaire à un individu détaché de sa tradition et devenu incapable de la comprendre ; non seulement il n’en accomplit plus les rites essentiels, mais, s’il en a gardé quelques « observances » secondaires, c’est uniquement « par coutume » et pour des raisons purement humaines, parmi lesquelles le souci de l’« opinion » tient le plus souvent une place prépondérante ; et, surtout, il ne manque jamais d’observer scrupuleusement une foule de ces coutumes inventées dont nous parlions en dernier lieu, coutumes qui ne se distinguent en rien des niaiseries constituant le vulgaire « savoir-vivre » des Occidentaux modernes, et qui même n’en sont parfois qu’une imitation pure et simple.

 Ce qui est peut-être le plus frappant dans ces coutumes toutes profanes, que ce soit en Orient ou en Occident, c’est ce caractère d’incroyable « petitesse » que nous avons déjà mentionné : il semble qu’elles ne visent à rien d’autres qu’à retenir toute l’attention, non seulement sur des choses entièrement extérieures et vidées de toute signification, mais encore sur le détail même de ces choses, dans ce qu’il a de plus banal et de plus étroit, ce qui est évidemment un des meilleurs moyens qui puissent exister pour amener, chez ceux qui s’y soumettent, une véritable atrophie intellectuelle, dont ce qu’on appelle en Occident la mentalité « mondaine » représente l’exemple le plus achevé. Ceux chez qui les préoccupations de ce genre arrivent à prédominer, même sans atteindre ce degré extrême, sont trop manifestement incapables de concevoir aucune réalité d’ordre profond ; il y a là une incompatibilité tellement évidente qu’il serait inutile d’y insister davantage ; et il est clair aussi que ceux-là se trouvent dès lors enfermés dans le cercle de la « vie ordinaire », qui n’est faite précisément que d’un épais tissu d’apparences extérieures comme celles sur lesquelles ils ont été « dressés » à exercer exclusivement toute leur activité mentale. Pour eux, le monde, pourrait-on dire, a perdu toute « transparence », car ils n’y voient plus rien qui soit un signe ou une expression de vérités supérieures, et, même si on leur parlait de ce sens intérieur des choses non seulement ils ne comprendraient pas, mais ils commenceraient aussitôt par se demander ce que leurs pareils pourraient bien penser ou dire d’eux si par impossible il leur arrivait d’admettre un tel point de vue, et plus encore d’y conformer leur existence !
 

C’est en effet la crainte de l’« opinion » qui, plus que toute autre chose, permet à la coutume de s’imposer comme elle le fait et de prendre le caractère d’une véritable obsession : l’homme ne peut jamais agir sans quelque motif, légitime ou illégitime, et lorsque, comme c’est le cas ici, il ne peut exister aucun motif réellement valable, puisqu’il s’agit d’actions qui n’ont véritablement aucune signification, il faut qu’il s’en trouve dans un ordre aussi bassement contingent et aussi dépourvu de toute portée effective que celui auquel appartiennent ces actions elles-mêmes. On objectera peut-être que, pour que cela soit possible, il faut qu’une opinion se soit déjà formée à l’égard des coutumes en question ; mais, en fait, il suffit que celles-ci se soient établies dans un milieu très restreint, et ne fût-ce tout d’abord que sous la forme d’une simple « mode », pour que ce facteur puisse entrer en jeu ; de là, les coutumes, s’étant fixées par le fait même qu’on n’ose plus s’abstenir de les observer, pourront ensuite se répandre de proche en proche, et, corrélativement, ce qui n’était d’abord que l’opinion de quelques-uns finira par devenir ce qu’on appelle l’« opinion publique ». On pourrait dire que le respect de la coutume comme telle n’est au fond rien d’autre que le respect de la sottise humaine, car c’est celle-ci qui, en pareil cas, s’exprime naturellement dans l’opinion ; d’ailleurs, « faire comme tout le monde », suivant l’expression couramment employée à ce sujet, et qui pour certains semble tenir lieu de raison suffisante pour toutes leurs actions, c’est nécessairement s’assimiler au vulgaire et s’appliquer à ne s’en distinguer en aucune façon ; il serait assurément difficile d’imaginer quelque chose de plus bas, et aussi de plus contraire à l’attitude traditionnelle, suivant laquelle chacun doit s’efforcer constamment de s’élever selon toute la mesure de ses possibilités, au lieu de s’abaisser jusqu’à cette sorte de néant intellectuel que traduit une vie absorbée tout entière dans l’observation des coutumes les plus ineptes et dans la crainte puérile d’être jugé défavorablement par les premiers venus, c’est-à-dire en définitive par les sots et les ignorants.
 

Dans les pays de tradition arabe, on dit que, dans les temps les plus anciens, les hommes n’étaient distingués entre eux que par la connaissance ; ensuite, on prit en considération la naissance et la parenté ; plus tard encore, la richesse en vint à être considérée comme une marque de supériorité ; enfin, dans les derniers temps, on ne juge plus les hommes que d’après les seules apparences extérieures. Il est facile de se rendre compte que c’est là une description exacte de la prédominance successive, dans l’ordre descendant, de points de vue qui sont respectivement ceux des quatre castes, ou, si l’on préfère, des divisions naturelles auxquelles celles-ci correspondent. Or la coutume appartient incontestablement au domaine des apparences purement extérieures, derrière lesquelles il n’y a rien ; observer la coutume pour tenir compte d’une opinion qui n’estime que de telles apparences, c’est donc là proprement le fait d’un Shûdra.

Publié dans : René Guénon | le 26 janvier, 2014 |Pas de Commentaires »

Le dogme Ash’arite

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Bismi Allah ar-Rahman ar-Rahim/سم الله الرحمن الرحيم‬/ Au nom de Dieu,Clément et Miséricordieux.

Depuis plusieurs années les prédicateurs salafos-wahhabites et leurs adeptes se sont fait les spécialistes de la « mise en garde » et notamment de la « mise en garde » contre le dogme Ash’arite. N’hésitant pas une fois de plus à qualifier de « bid’ah » (voire de secte ou d’autres absurdités) ce dogme, alors que celui-ci est suivi par la majorité des savants (parmi les plus célèbres  on peut citer les imams an-Nawawi, al-’Asqalani, al-Qourtbi, al-Ghazali, al-Haytami … ) depuis plus de 1000 ans et ce jusqu’à nos jours. L’Ash’arisme est la ‘Aqida de la totalité des Malékites, de la grande majorité des Shafé’ites, d’un tiers des Hanafites (les autres étant Mâturîdîtes) et d’une partie des Hanbalites (1). Face à ce véritable « travail de sape des fondations théologique traditionnelles », une réaction générale menée par certains grands savants commence à émerger contre les dangers de l’idéologie salafo-wahhabite. Rétablir la vérité sur ce grand homme qu’était Abû Al-Hasan Al-Ash`arî (descendant de Abu Musa Al-Ash’ari compagnon de prophète Muhammad) et sur le dogme Ash’arite est une nécessité, nous y participons avec humilité tant la pensée et le travail de cet homme furent grand.

(1) « Les ash’arites sont appelés d’après le nom de l’Imâm ‘Alî Ibn Ismâ’îl Abou Al-Hasan Al-Ash’arî, et les mâturîdites d’après l’Imâm Abou Mansûr Al-Mâturîdî. Les deux hommes sont des figures saillantes parmi nos pieux prédécesseurs qui ont fait triomphé la croyance du salaf, Ahl As-Sunnah wal-Jamâ’a. Aucun des deux n’a inventé une nouvelle croyance, ni une nouvelle école religieuse ». Sheikh Muhammad Saîd Ramadân Al-Bûtî

Abd al-Hayy Ar-Rajshahi a résumé le dogme Ash’arite concernant les attributs de Dieu en disant : « Selon les Ash’arites, Dieu est Un, Unique, Éternel et est un Être existant. Il n’est pas une substance, ni un corps, ni un accident, ni limité par une quelconque direction et ni contenu par un quelconque espace. Il possède des Attributs tels que l’omniscience, la toute-puissance, la vie et la volonté. Il est entendant, voyant et est doué de la parole.»

http://www.dailymotion.com/video/xknccf

Née en 874, Abû Al-Hasan Al-Ash`arî passa son enfance dans sa Bassora natale avant de partir poursuivre ses études à Bagdad, capitale du Califat à son époque. Il étudia le droit auprès du savant shafé’ite Abû Ishâq Al-Marwazî et le Hadîth auprès du Hâfidh Zakariyyâ Ibn Yahyâ As-Sâjî, de Abû Khalîfah Al-Jumahî, de Sahl Ibn Sarh, de Muhammad Ibn Ya`qûb Al-Muqrî et de `Abd Ar-Rahmân Ibn Khalaf. Il se forma par ailleurs en théologie (kalâm) auprès de son beau-père (l’époux de sa mère) Abû `Alî Al-Jubbâ’î (mort en 915), Sheikh des Mu`tazilites.

L’Imâm Al-Ash`arî devint un brillant disciple de l’école théologique mu`tazilite et se forgea une réputation de dialecticien et de controversiste hors pair. En sus de ses aptitudes en théologie scolastique, il était également juriste et traditionniste, ayant un grand penchant pour la vie modeste de l’ascétisme. Certaines sources précisent d’ailleurs qu’il était un mutaçawwuf. Au début de sa carrière d’intellectuel, l’Imâm Al-Ash`arî était donc un fervent défenseur des thèses mu`tazilites et se fit le chantre de l’interprétation rationaliste des vérités métaphysiques et ce jusqu’à l’âge de quarante ans, il soutint avec force cette pensée doctrinale.

Au fur et à mesure que l’esprit de l’Imâm Al-Ash`arî évoluait vers sa maturité intellectuelle, des doutes commencèrent à l’effleurer quant à la justesse des thèses qu’il professait jusqu’à lors. Une nuit, il fut envahi par des doutes concernant une question doctrinale et après une « prière de consultation » il alla se coucher. Il raconte que pendant son sommeil il fit un rêve : « Je vis en songe le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — et je me plaignis à lui des doutes qui me travaillaient. Le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — me dit alors : « Tiens t’en à ma Tradition ! «  L’Imâm Abû Al-Hasan Al-Ash`arî abjura et désavoua lui-même en public les thèses mu`tazilites. Au moment de sa rétractation, et pour montrer qu’il s’était définitivement défait de son ancienne doctrine, il se défit simultanément d’un habit qu’il portait et jeta tous les livres de tendance mu`tazilite qu’il avait rédigé auparavant.

L’Imâm Abû Al-Hasan Al-Ash`arî posa les fondements de sa pensée comme étant la croyance en Dieu, en Ses Anges, en Ses Livres, en Ses Messagers et à ce qui a été révélé par Dieu par l’intermédiaire du Messager de Dieu. C’est le credo commun à tous les Musulmans. Réhabilitant la doctrine authentique de l’Islam, l’Imâm Al-Ash`arî proclama, en se dissociant de tout anthropomorphisme, que Dieu a une Face, des Mains et des Yeux, conformément à la parole divine qui attribue à Dieu une Face, des Mains et des Yeux (dans le sens que Dieu a donné à ces termes en arabe). Néanmoins, l’Imâm Al-Ash`arî ne chercha pas à connaître la quintessence de ces Attributs divins. Il lui suffisait de savoir que rien ne ressemble à Dieu et qu’il est idiot de croire que cette Face, ces Mains et ces Yeux ont quelque chose à voir avec ce que nous connaissons dans notre bas-monde. Le comment des Attributs divins demeurant définitivement inaccessible à la raison humaine. Il proclama également par ailleurs qu’en tant que Créateur de toute chose, Dieu est le Créateur du bien et du mal et que nul n’échappe à sa Science.

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L’Imâm Abû Al-Hasan Al-Ash`arî posa les fondements de sa pensée comme étant la croyance en Dieu, en Ses Anges, en Ses Livres, en Ses Messagers et à ce qui a été révélé par Dieu par l’intermédiaire du Messager de Dieu. C’est le credo commun à tous les Musulmans. Réhabilitant la doctrine authentique de l’Islam, l’Imâm Al-Ash`arî proclama, en se dissociant de tout anthropomorphisme, que Dieu a une Face, des Mains et des Yeux, conformément à la parole divine qui attribue à Dieu une Face, des Mains et des Yeux (dans le sens que Dieu a donné à ces termes en arabe). Néanmoins, l’Imâm Al-Ash`arî ne chercha pas à connaître la quintessence de ces Attributs divins. Il lui suffisait de savoir que rien ne ressemble à Dieu et qu’il est idiot de croire que cette Face, ces Mains et ces Yeux ont quelque chose à voir avec ce que nous connaissons dans notre bas-monde. Le comment des Attributs divins demeurant définitivement inaccessible à la raison humaine. Il proclama également par ailleurs qu’en tant que Créateur de toute chose, Dieu est le Créateur du bien et du mal et que nul n’échappe à sa Science.

L’Imâm Al-Ash`arî réaffirma (en contradiction totale avec l’idée Mu`tazilite) la doctrine coranique selon laquelle la Science de Dieu embrasse toute chose passée et future, que Dieu est le Créateur de tout, y compris des actions bonnes et mauvaises, et que l’homme dispose d’une liberté de choix qui fait qu’il agira de telle ou telle manière, qu’il choisira telle bonne action crée par Dieu ou telle mauvaise action tout aussi crée par Dieu. Dieu échappant aux notions du temps et de l’espace dans lesquelles l’enfermaient implicitement les Mu`tazilites, Sa Connaissance éternelle des actions des hommes ne contredit en rien la liberté de choix relative de ces derniers. Par ailleurs, dire que Dieu est le Créateur des actions ne contredit en rien le fait que c’est bien l’homme qui prend le parti de commettre telle ou telle action.

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Ce fut autour de lui et de l’un de ses confrères, l’Imâm Abû Mansûr Al-Mâturîdî, que se rassembla la majorité écrasante de la Communauté musulmane, qui le surnomma à juste titre l’Imâm des Sunnites. Il sut en effet allier la puissance de la raison à l’autorité de la révélation. L’imâm Al-Khatîb Al-Baghdâdî qui écrit dans son « Târîkh Baghdâd » (Histoire de Bagdad) : « Les Mu`tazilites avaient levé la tête jusqu’au jour où Dieu fit apparaître Al-Ash`arî qui les relégua dans les profondeurs des abysses. » 

Dés lors comment accepter les élucubrations et autres manipulations des salafos-wahhabites sur le dogme Ash’arite et l’Imâm Al-Ash`arî ? Comment accepter la mise au « pilori » de celui-ci ? Comment accepter tout cela lorsqu’on connait la position sur le dogme Ash’arite des grand savants sunnite contemporain comme Sheikh Muhammad Sayyid al-’Alawî al-Mâlikî (2) qui a dit : « Certains d’entre eux, sans vergogne, ne peuvent s’abstenir d’accuser cette école de déviance, d’égarement et d’hérésie sur la question des attributs d’Allâh. La méconnaissance par les musulmans de l’école Ash’ari est une cause de la disparité dans l’unité des rangs d’Ahl al-Sunna. Certains ont été jusqu’à considérer les Ash’aris parmi les catégories des sectes égarées. Cela me dépasse que les croyants puissent être associés à des mécréants. Parmi les savants de la communauté musulmane, les Ash’aris sont les imams d’éminents maîtres de la guidance, dont la connaissance a rempli le monde d’est en ouest, et dont les gens ont unanimement reconnu l’excellence, l’érudition, et la piété. Je vous le demande, y a t’il un seul savant musulman contemporain, parmi les docteurs et les plus brillants érudits, qui ait apporté autant que Ibn Hajar ‘Asqalani ou l’Imam an-Nawawi ? Y en a-t’il un seul qui ait rendu autant service à la pure Sunnah Prophétique que ces deux nobles imams (Qu’Allâh les comble de Sa miséricorde et leur accorde la félicité) ? Comment pourrions-nous les accuser de déviance eux et tous les Ash’aris alors que nous avons tant besoin de leur science? Comment pouvons-nous prendre d’eux s’ils sont dans l’erreur ? « 

(2) Biographie compléte : http://www.sunnisme.com/article-29762659.html

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Même le Sheikh Ibn Taymiyyah (sujet a caution sur ces positions concernant certains points de la doctrine islamique) a dit : « Les savants sont les défenseurs des sciences de la religion et les Ash`arites sont les défenseurs des fondements de la religion ». Si nous entreprenions d’énumérer tous les érudits Ash`arites parmi les traditionnistes, les exégètes et les juristes, nous aurions bien du mal ; le recensement de ces vertueux savants qui ont répandu le savoir aux quatre coins de la terre nécessiterait des volumes colossaux. Quel bien peut-on espérer de nous, si nous accusons de déviance et d’égarement nos illustres savants et nos pieux prédécesseurs ?

Pour aller plus loin : 

doctrine_unite

l-essentiel-de-la-religion-musulmane-souple-d-apres-ibn-ashir

El mutaçawwuf. 

Publié dans : Doctrine-Dogme | le 15 décembre, 2013 |4 Commentaires »

Nécessité de l’exotérisme traditionnel

 

Nécessité de l'exotérisme traditionnel dans René Guénon

Bismi Allah ar-Rahman ar-Rahim/سم الله الرحمن الرحيم‬/ Au nom de Dieu,Clément et Miséricordieux.

Nous tenons a faire partager a nos lecteurs et lectrices cet article de René Guénon publié dans la revue Études Traditionnelles N°264  de décembre 1947 et repris dans le recueil posthume Initiation et Réalisation spirituelle au chap. VII. Cet article est d’une immense importance au vue d’une certaine « mentalité » (qui tant malheureusement a s’élargir) qui voudrait que l’ésoterisme n’est pas besoin d’appui exotérique. Article d’importance capitale donc pour toute personne cherchant l’initiation véritable, loin de tout les « délires » et visons New-Age de l’époque….

Beaucoup semblent douter de la nécessité, pour qui aspire à l’initiation, de se rattacher tout d’abord à une forme traditionnelle d’ordre exotérique et d’en observer toutes les prescriptions ; c’est d’ailleurs là l’indice d’un état d’esprit qui est propre a l’Occident moderne, et dont les raisons sont sans doute multiples. Nous n’entreprendrons pas de rechercher quelle part de responsabilité peuvent y avoir les représentants mêmes de l’exotérisme religieux, que leur exclusivisme porte trop souvent à nier plus ou moins expressément tout ce qui dépasse leur domaine ; ce côté de la question n’est pas celui qui nous intéresse ici ; mais ce qui est plus étonnant, c’est que ceux qui se considèrent comme qualifiés pour l’initiation puissent faire preuve d’une incompréhension qui, au fond, est comparable à la leur, quoique s’appliquant d’une façon en quelque sorte inverse. En effet, il est admissible qu’un exotériste ignore l’ésotérisme, bien qu’assurément cette ignorance n’en justifie pas la négation ; mais, par contre, il ne l’est pas que quiconque a des prétentions à l’ésotérisme veuille ignorer l’exotérisme, ne fût-ce que pratiquement, car le « plus » doit forcément comprendre le « moins ». Du reste, cette ignorance pratique elle-même, qui consiste à regarder comme inutile ou superflue la participation à une tradition exotérique, ne serait pas possible sans une méconnaissance même théorique de cet aspect de la tradition, et c’est là ce qui la rend encore plus grave, car on peut se demander si quelqu’un chez qui existe une telle méconnaissance, quelles que soient d’ailleurs ses possibilités, est bien réellement prêt à aborder le domaine ésotérique et initiatique, et s’il ne devrait pas plutôt s’appliquer à mieux comprendre la valeur et la portée de l’exotérisme avant de chercher à aller plus loin. En fait, il y a là manifestement la conséquence d’un affaiblissement de l’esprit traditionnel entendu dans son sens général, et il devrait être évident que c’est cet esprit qu’il faut avant tout restaurer intégralement en soi-même si l’on veut ensuite pénétrer le sens profond de la tradition ; la méconnaissance dont il s’agit est, au fond, du même ordre que celle de l’efficacité propre des rites, si répandue aussi actuellement dans le monde occidental. Nous voulons bien admettre que l’ambiance profane dans laquelle vivent certains leur rende plus difficile la compréhension de ces choses ; mais c’est précisément contre l’influence de cette ambiance qu’il leur faut réagir sous tous les rapports, jusqu’à ce qu’ils soient parvenus à se rendre compte de l’illégitimité du point de vue profane lui-même ; nous reviendrons là-dessus tout à l’heure.

Nous avons dit que l’état d’esprit que nous dénonçons ici est propre à l’Occident ; en effet, il ne peut pas exister en Orient, d’abord à cause de la persistance de l’esprit traditionnel dont le milieu social tout entier est encore pénétré (1), et aussi pour une autre raison : là où l’exotérisme et l’ésotérisme sont liés directement dans la constitution d’une forme traditionnelle (2), de façon à n’être en quelque sorte que comme les deux faces extérieure et intérieure d’une seule et même chose, il est immédiatement compréhensible pour chacun qu’il faut d’abord adhérer à l’extérieur pour pouvoir ensuite pénétrer à l’intérieur (3), et qu’il ne saurait y avoir d’autre voie que celle-là. Cela peut paraître moins évident dans le cas où, comme il arrive justement dans l’Occident actuel, on se trouve en présence d’organisations initiatiques n’ayant pas de lien avec l’ensemble d’une forme traditionnelle déterminée ; mais alors nous pouvons dire que, par là même, elles sont, en principe tout au moins, compatibles avec tout exotérisme quel qu’il soit, mais que, au point de vue strictement initiatique qui seul nous concerne présentement à l’exclusion de la considération des circonstances contingentes, elles ne le sont pas véritablement avec l’absence d’exotérisme traditionnel.

(1) Nous parlons ici de ce milieu pris dans son ensemble, et, par conséquent, nous n’avons pas à tenir compte à cet égard des éléments « modernisés », c’est-à-dire en somme « occidentalisés », qui, si bruyants qu’ils puissent être, ne constituent encore malgré tout qu’une assez faible minorité.

(2) Nous prenons, pour la facilité de l’expression, ces deux termes d’exotérisme et d’ésotérisme dans leur acception la plus large, ce qui ne peut avoir ici aucun inconvénient, car il va de soi que même dans une forme traditionnelle où une telle division n’est pas formellement établie, il y a nécessairement toujours quelque chose qui correspond à l’un et l’autre de ces deux points de vue ; dans ce cas, le lien qui existe entre eux est d’ailleurs encore plus évident.

(3) On peut dire aussi, suivant un symbolisme assez fréquemment usité, que le « noyau » ne peut pas être atteint autrement qu’à travers l’« écorce ».

Nous dirons d’abord pour exprimer les choses de la façon la plus simple, qu’on ne bâtit pas sur le vide ; or l’existence uniquement profane, dont tout élément traditionnel est exclu, n’est bien réellement à cet égard que vide et néant. Si l’on veut construire un édifice, on doit tout d’abord en établir les fondations ; celles-ci sont la base indispensable sur laquelle s’appuiera tout l’édifice, y compris ses parties les plus élevées et elles le demeureront toujours, même quand il sera achevé. De même, l’adhésion à un exotérisme est une condition préalable pour parvenir à l’ésotérisme, et, en outre, il ne faudrait pas croire que cet exotérisme puisse être rejeté dès lors que l’initiation a été obtenue, pas plus que les fondations ne peuvent être supprimées lorsque l’édifice est construit. Nous ajouterons que, en réalité, l’exotérisme, bien loin d’être rejeté, doit être « transformé » dans une mesure correspondant au degré atteint par l’initié, puisque celui-ci devient de plus en plus apte à en comprendre les raisons profondes, et que, par suite, ses formules doctrinales et ses rites prennent pour lui une signification beaucoup plus réellement importante que celle qu’elles peuvent avoir pour le simple exotériste, qui en somme est toujours réduit, par définition même, à n’en voir que l’apparence extérieure, c’est-à-dire ce qui compte le moins quant à la « vérité » de la tradition envisagée dans son intégralité.

Ensuite, et ceci nous ramène à une considération à laquelle nous avons déjà fait allusion plus haut, celui qui ne participe à aucun exotérisme traditionnel fait par là même, dans son existence, la part la plus large qui se puisse concevoir au point de vue purement profane, auquel il conformera forcément, dans ces conditions, toute son activité extérieure. C’est là, à un autre niveau et avec des conséquences encore plus étendues, la même erreur que celle que commettent la majorité de ceux des occidentaux actuels qui se croient encore « religieux », et qui font de la religion une chose entièrement à part, n’ayant avec tout le reste de leur vie aucun contact réel ; une telle erreur est d’ailleurs encore moins excusable pour qui veut se placer au point de vue initiatique que pour qui s’en tient au point de vue exotérique, et, dans tous les cas, on voit sans peine combien cela est loin de répondre à une conception intégralement traditionnelle. Au fond, tout cela revient à admettre que, en dehors ou à côté du domaine traditionnel, il y a un domaine profane dont l’existence est également valable dans son ordre ; or, comme nous l’avons déjà dit souvent, il n’y a pas en réalité de domaine profane auquel certaines choses appartiendraient par leur nature même ; il y a seulement un point de vue profane, qui n’est que le produit d’une dégénérescence spirituelle de l’humanité, et qui, par conséquent, est entièrement illégitime. En principe, on ne devrait donc faire aucune concession à ce point de vue ; en fait, cela est assurément bien difficile dans le milieu occidental actuel, peut-être même impossible dans certains cas et jusqu’à un certain point, car sauf de trop rares exceptions, chacun s’y trouve obligé, par la seule nécessité des relations sociales, de se soumettre plus ou moins, et tout au moins en apparence, aux conditions de la « vie ordinaire » qui précisément n’est rien d’autre que l’application pratique de ce point de vue profane ; mais, même si de telles concessions sont indispensables pour vivre dans ce milieu, encore faudrait-il qu’elles soient réduites au strict minimum par tous ceux pour qui la tradition a encore un sens, tandis qu’elles sont au contraire poussées à l’extrême par ceux qui prétendent se passer de tout exotérisme, même si telle n’est pas leur intention et s’ils ne font en cela que subir plus ou moins inconsciemment l’influence du milieu. De semblables dispositions sont certainement aussi peu favorables que possible à l’initiation, qui relève d’un domaine où normalement les influences extérieures ne devraient pénétrer en aucune façon ; si cependant, par suite des anomalies inhérentes aux conditions de notre époque, ceux qui ont cette attitude peuvent malgré cela recevoir une initiation virtuelle, nous doutons fort que, tant qu’ils y persisteront volontairement, il leur soit possible d’aller plus loin et de passer à l’initiation effective.

 

 

Publié dans : René Guénon | le 6 octobre, 2013 |Pas de Commentaires »

Le Katana, sabre de samouraï

Le Katana, sabre de samouraï dans Arts martiaux katana_final_3k_01-300x168

Bismi Allah ar-Rahman ar-Rahim/سم الله الرحمن الرحيم‬/ Au nom de Dieu,Clément et Miséricordieux.

Magnifique documentaire sur la fabrication du Katana et son utilisation traditionnelle. A travers ce documentaire l’on découvre l’éthique (bushido) liée à l’enseignement de la maitrise du Katana ainsi que la spiritualité, l’ésotérisme et l’initiation cachée derrière la fabrication et la pratique de celui ci qui permet d’arriver au stade suprême du pratiquant des arts martiaux, le stade « mushin ».

En prémisse nous souhaitons partagés ces deux citations :

« De nos jours les arts martiaux sont basés sur la compétition mais c’est contraire à l’éthique de la voie du sabre. Il faut cultiver la modestie, bien sur il faut être fort, avoir l’esprit combatif d’un guerrier mais l’on doit maitriser sa force sinon on devient violent. Il faut donc faire preuve de modestie et être respectueux de l’autre. » Maitre Otaké                                              

 » Il serait aisé de trouver dans la mystique des armes d’autres civilisations traditionnelles la contrepartie de tout cela. Nous nous contenterons de l’exemple de la noblesse guerrière japonaise, qui considéra le sabre de guerrier comme une chose sacrée. La fabrication du sabre obéissait à des règles inviolables : lorsqu’ils s’y livraient, les armuriers revêtaient des habits rituel et devaient purifier leurs forges. La technique de la trempe des armes était absolument secrète, transmise seulement de maitre a disciple. La lame du sabre symbolisait l’âme du samouraï, et l’usage de l’arme était soumise à des règles précises; de même, la pratique du sabre et d’autres armes (l’arc par exemple) pouvait avoir une dimension initiatique, explicable notamment par les relations de cette pratique avec le Zen. » Julius Evola

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Pour aller plus loin :

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El mutaçawwuf.

 

 

Publié dans : Arts martiaux | le 20 août, 2013 |2 Commentaires »

La déviance salafo-wahhabite

 

La déviance salafo-wahhabite dans Histoire chameaunajd-300x250  

 

Bismi Allah ar-Rahman ar-Rahim/سم الله الرحمن الرحيم‬/ Au nom de Dieu,Clément et Miséricordieux.

Omniprésent sur le web de part des milliers de sites internet et sur les écrans de télévision via les chaînes de télévision du Qatar, de l’Arabie Saoudite, du Yémen, …l’idéologie salafo-wahhabite tisse sa toile et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Mouvement qui a en son sein des « courants » qui vont d’une position pacifiste jusqu’à un positionnement ultra violent. Retour sur un mouvement et une  « doctrine » qui prend ces racines dans une alliance entre un prédicateur, un homme politique, des puissances occidentales et qui ne doit sa survie qu’aux pétrodollars….

 Muhammad Ibn ‘Abd al Whahhâb et Muhammad ibn Saoud, les deux faces du salafo-wahhabisme. La première est la face religieuse, la seconde est politique.

Muhammad Ibn Abd Al Wahhâb est né en 1703 près à Ouyayna de Riyad. Il étudia le madhab (école) hanbalite auprès de son père Sulayman Ibn Ali, celui ci désapprouva le fait que par la suite Muhammad Ibn Abd Al Wahhâb n’étudia pas le fiqh auprès des chouyoukh et des érudits reconnues du Najd. Plus tard le frère de Muhammad Ibn Abd Al Whahhâb, Sulayman Ibn Abd Al Wahhâb combattra les déviances théologie du wahhabisme et donc les positions de son propre frère. Il relate dans son livre « Al-Sawa’iq Al-Ilahiyyah » en page 5, à propos des adeptes du wahhabisme :

« Et aujourd’hui nous voilà affligés par ceux qui s’associent au Coran et à la Sunna (la tradition du prophète), qui prétendent élaborer des règles à partir de ces sources, alors qu’ils font fi des avis divergents des savants et refusent le dialogue avec ces hommes de science. Mais le pire, c’est qu’ils imposent aux autres leurs propres règles, qualifiant quiconque ne suivant pas leur voie de mécréant. »
Il continue ailleurs dans un autre de ces ouvrages nommé « Al-Ra’d ala al-Wahabia »: « Actuellement, les gens sont harcelés par quelqu’un qui prétend suivre le saint Coran et la Sunna et qui ose déduire (directement) de leurs enseignements en ne prêtant aucune attention à quelque opposition que ce soit. Parce que quiconque s’oppose à lui, il l’appelle un hérétique bien qu’il ne possède lui-même aucune des qualifications des savants mujtahidîn et, je le jure par Allah, pas même un dixième de l’une de ces qualifications. Néanmoins, ses enseignements ont attiré beaucoup de simples d’esprit. À Allah nous appartenons et à Lui nous reviendrons. »

Son frère est même allé jusqu’à réfuter complètement la doctrine « hétérodoxe » du wahhabisme dans un ouvrage nommé  « Fassl Al Khitab fil rad âla Muhammad Ibn Abd Al Wahhab (le Discours tranchant dans la réfutation de Muhammad Ibn Abd Al Wahhab) ».

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Pour faire simple Muhammad Ibn Abd Al Wahhâb prétendait que les divergences d’opinions entre les savants [des 4 écoles de jurisprudence sunnite] n’étaient pas une miséricorde pour les croyants, mais une calamité, laquelle conduisait à des déductions détestables. Il rejetait toutes les opinons et règles des Imams de Ahlu-Sunnah hormis celles de Ibn Taymiyyah et son étudiant Ibn Al Qayyim, dont il considérait le travail presque comme sacré et infaillible…Et sa prédication commença après le décès de celui qui fut son enseignant au début : son père…Simple hasard ou volonté manifeste afin que son « travail » ne soit condamné par son professeur (et de surcroît père) en sciences islamique ? Lorsqu’on sait tout le poids traditionnel que revêt l’autorisation d’enseigner que reçoit l’étudiant de la part de son professeur et maître dans les sciences islamique le hasard ne peut avoir sa place à ce niveau là….

Le prophète de l’Islam (paix et salut sur lui) avait dit après avoir béni toutes les régions excepté le plateau du Nadjd: « Du Nadjd se lèvera la corne du Satan » [1]

Le prophète (paix et salut sur lui) avait dit: il sortira de Nadjd des gens qui ne comprenne du Coran que l’extérieur, le sens du Coran ne parvient pas à leur cœur…..Ceci pour faire allusion au Khawârij [2]. Ce sera de cet endroit là que le wahhabisme se répandra…

Muhammad Ibn ‘Abd al Whahhâb, se fait connaître par une prédication marquée par le puritanisme, l’intolérance et une interprétation littérale du Coran. Ses propos sont repris dans un traité, intitulé  » Kitâb Al-Tawhîd « (Traité de l’unicité Divine) et lorsque quelqu’un se dresse pour lui dire que ces interprétations du Coran et de la Sunna ne sont pas justes sa réponse est de le traité de mécréant celui ci et tout ceux qui ne sont pas d’accord avec ces interprétations (au demeurant proprement anti-traditionnelle).

[1] Rapporté dans le Sahîh al-Bukhârî : Hadîth 558 (p 108) le livre de la prière pour obtenir la pluie dans « le sommaire du sahih al-bukhârî » Tome I, par L’Imam Zein Ed-Dine Ahmed ibn Abdul-Latif A-Zoubaidi.

[2] Rapporté par Al- Bukhârî dans son chapitre sur les sectes égarées. Les Khawârij sont apparus suite au différent entre ‘Ali (que dieu l’agrée) et Mu‘âwiya (que Dieu l’agrée) …Ils ont décidé de tuer ‘Ali et Mu‘âwiya. Les Khawârij ont été qualifiés par le Prophète (paix et salut sur lui) comme étant des gens qui faisaient beaucoup d’actes cultuels -même beaucoup plus que les compagnons eux même-, mais que suite au fait qu’ils interprétaient le Coran au premier degré, leurs cœurs étaient fermés et le Coran n’atteignait pas leurs coeurs: ‘Ali (que Dieu l’agrée) les a combattu pendant toute la période de sa Khilâfa car ils représentaient une vrai menace pour la foi et leur interprétation des textes étaient superficielles et très dangereuses…Ils étaient derrière l’assassinat et la mutilation de plusieurs de grands compagnons : car les Khawârij considéraient ceux qui n’étaient pas d’accord avec eux, comme des mécréants…

 

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Alors que Muhammad Ibn ‘Abd al Whahhâb n’est clairement pas soutenus par les savants religieux d’Arabie notamment car il prône le fait qu’un musulman muqallid n’a pas suivre une des quatre écoles (madhâhib), qu’il permet à tout muqallid d’accéder à l’effort juridique (ijtihâd) sans considération des normes et règles émises par les savants des quatre doctrines et autres (ce qui est très dangereux), qu’il renie le tawassul ( alors que plus de dix sept preuves découlant du Coran et de la Sunna à propos des mérites de la supplication de Dieu par la faveur du Messager ou des saints vivants ou morts ont étaient apportés par les plus grands savants),que sa prétention lui fasse dire qu’ils sont « le groupe sauvé » et que tous ceux qui ne sont pas en accord avec lui et ces disciples sont des égarés ou du moins pas conformes aux « traces des salafs » et surtout qu’il accuse les soufis, les ash‘arites et beaucoup de musulmans, de mécréance (kufr) et d’hérésie Muhammad Ibn ‘Abd Al Whahhâb va trouver grâce au yeux de Muhammad Ibn Saoud.

Muhammad Ibn Saoud est né aux alentours 1705 (certains dissent plutôt 1710), il est issue de La tribu des Banu Hanifa, tribu chrétienne implantée au ve siècle dans le centre de l’Arabie et convertie à l’islam après avoir été vaincue en 634 par Ibn Al-Walid. Aprés avoir donné protection a Muhammad Ibn Abd Al Whahhâb, les deux hommes scellent alors une alliance dans laquelle Ibn Saoud donne protection a Ibn Abd Al Wahhab et en “échange” celui ci légitime religieusement la domination des Saoud sur les tribus arabes voisines. Leur alliance sera concrétisée par le mariage du fils d’Ibn Saoud avec la fille d’Ibn Abd Al Wahhab. Cette alliance faisant du wahhabisme non plus un simple mouvement religieux, mais un mouvement politique, comme c’est toujours le cas aujourd’hui

Ce prosélytisme militant mène progressivement à l’unification politico-religieuse de l’Arabie central. Le califat (seule autorité légitime dans l’islam traditionnel) ottoman de l’époque s’inquiète rapidement de l’ampleur du mouvement, de la remise en cause de l’islam traditionnel et de la menace qu’il fait peser sur son pouvoir. À la suite du pillage et de la profanation des villes saintes de Kerbala (1801), de La Mecque et de Médine (1803-1806) [3] par les adeptes wahhabite, le sultan Mahmud II ordonna au Khédive (vice-roi) d’Égypte Mohammed ‘Ali Pacha d’envoyer une armée en Arabie pour détruire cette doctrine hérétique qui menacée l’unité de la Oumma et l’islam traditionnel.

 

 

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[3] Les plus importantes destructions de sites ont commencé en 1806 lorsque l’armée wahhabite a occupé Médine. Les armées wahhabites ont rasé le Baqi’, ou cimetière qui contenait les restes des figures centrales de l’Islam des débuts. Les mosquées ont également été visées et la tombe du prophète Muhammad faillit être démolie. Entre 500 et 600 mausolées et d’autres structures de l’Islam des origines ont été demolie. Il a été estimé que 95 % des bâtiments âgés de plus de 1000 ans ont été rasés durant les 20 dernières années.

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Thomas Edward Lawrence, alias Lawrence d’Arabie, agent du Foreign Office britannique

L’Empire britannique, qui au milieu du XIXème siècle contrôlait de grandes parties de l’Asie, notamment l’Inde, eut besoin de sécuriser ses routes commerciales vers l’Europe. Les Britanniques conclurent donc des accords avec les chefs des tribus occupant les territoires situés le long des côtes de la mer Rouge, de la mer d’Oman et du golfe Persique : armes et or furent allègrement distribués, de même que des promesses de protection militaire ; en échange ces tribus devaient empêcher les autres puissances coloniales (en particulier l’Empire ottoman) d’approcher ces terres. C’est donc dans ce cadre là (et certainement aussi en vue d’un affaiblissement du califat) que les Britanniques offrit leurs services aux hérétiques wahhabite. Apres diverses tentatives qui échoueront mais aidé,financé et armé par les Britanniques,les descendants de Muhammad Ibn Saoud et de Muhammad Ibn Abd Al Wahhab arriveront a leurs fins : contrôlé toute l’Arabie et y déclare la déviance wahhabite comme “doctrine officielle”, dans leur délire mégalomane les Ibn Saoud iront jusqu’à rajouter leur nom derrière le mot Arabie…

 

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Cliché de l’accord du Quincy, 14 Février 1945.

Après la disparition du Califat en 1924, la conquête du pouvoir en 1932 et l’exploitation des gisements pétrolifères d’Arabie à partir de mars 1938, la famille des Saoud et le wahhabisme prennent leur essor suite au pacte « pétrole contre protection » qui est conclu sur le croiseur USS Quincy le 14 février 1945 entre le roi Abdelaziz Ben Abderrahman Ben Fayçal Al Saoud et le président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt. Ce pacte permet la protection militaire du régime wahhabite des Saoud (et donc du wahhabisme) par les États-Unis en échange du pétrole. Ainsi, le wahhabisme se développe avec l’apport des pétrodollars et la protection militaire des Etats-Unis.

 

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Les salafo-wahhabites prétendent revenir par leurs pratiques et « doctrine » a « l’islam des origines »…En guise de conclusions nous citerons cette parole de René Abd al Wahid-Yahya Guénon :

« C’est une habitude constante de tous les schismes et de toutes les hérésies de quelque ordre que ce soit, de se présenter comme un retour à la puretés des origines ».

El mutaçawwuf.

Pour aller plus loin :

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Publié dans : Histoire | le 14 juillet, 2013 |Pas de Commentaires »

Voie initiatique et voie mystique

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Bismi Allah ar-Rahman ar-Rahim/سم الله الرحمن الرحيم‬/ Au nom de Dieu,Clément et Miséricordieux.

Aujourd’hui nombreux sont les « spécialistes et chercheurs » qui parle de « mystique islamique » dés qu’ils aborde le taçawwuf (soufisme). En majorité ces « spécialistes et chercheurs » sont d’origine européenne ou occidentale. Le taçawwuf n’a rien de mystique, pourtant ces orientalistes et parfois même certains chercheurs occidentaux « d’origine » musulmane n’ont de cesse d’utilisé le terme mystique lorsqu’ils en parlent. Le mysticisme est quelque chose de purement chrétien et qui appartient a l’orde exotérique. Hors le taçawwuf est d’ordre ésotérique et tire ses racines dans  la religion et tradition islamique. Afin d’éclaircir ce sujet nous proposons ce texte de René Guénon présent dans  son ouvrage « Aperçus sur l’initiation » et tiré du Chapitre premier : Voie initiatique et voie mystique.

La confusion entre le domaine ésotérique et initiatique et le domaine mystique, ou, si l’on préfère, entre les points de vue qui leur correspondent respectivement, est une de celles que l’on commet le plus fréquemment aujourd’hui, et cela, semble-t-il, d’une façon qui n’est pas toujours entièrement désintéressée ; il y a là, du reste, une attitude assez nouvelle, ou qui du moins, dans certains milieux, s’est beaucoup généralisée en ces dernières années, et c’est pourquoi il nous paraît nécessaire de commencer par nous expliquer nettement sur ce point. Il est maintenant de mode, si l’on peut dire, de qualifier de « mystiques » les doctrines orientales elles-mêmes, y compris celles où il n’y a pas même l’ombre d’une apparence extérieure pouvant, pour ceux qui ne vont pas plus loin, donner lieu à une telle qualification ; l’origine de cette fausse interprétation est naturellement imputable à certains orientalistes, qui peuvent d’ailleurs n’y avoir pas été amenés tout d’abord par une arrière-pensée nettement définie, mais seulement par leur incompréhension et par le parti pris plus ou moins inconscient, qui leur est habituel, de tout ramener à des points de vue occidentaux (1). Mais d’autres sont venus ensuite, qui se sont emparés de cette assimilation abusive, et qui, voyant le parti qu’ils pourraient en tirer pour leurs propres fins, s’efforcent d’en propager l’idée en dehors du monde spécial, et somme toute assez restreint, des orientalistes et de leur clientèle ; et ceci est plus grave, non pas seulement parce que c’est par là surtout que cette confusion se répand de plus en plus, mais aussi parce qu’il n’est pas difficile d’y apercevoir des marques non équivoques d’une tentative « annexionniste » contre laquelle il importe de se tenir sur ses gardes. En effet, ceux auxquels nous faisons allusion ici sont ceux que l’on peut regarder comme les négateurs les plus « sérieux » de l’ésotérisme, nous voulons dire par là les exotéristes religieux qui se refusent à admettre quoi que ce soit au delà de leur propre domaine, mais qui estiment sans doute cette assimilation ou cette « annexion » plus habile qu’une négation brutale ; et, à voir de quelle manière certains d’entre eux s’appliquent à travestir en « mysticisme » les doctrines les plus nettement initiatiques, il semblerait vraiment que cette tâche revête à leurs yeux un caractère tout particulièrement urgent (2). A vrai dire, il y aurait pourtant, dans ce même domaine religieux auquel appartient le mysticisme, quelque chose qui, à certains égards, pourrait mieux se prêter à un rapprochement, on plutôt à une apparence de rapprochement : c’est ce qu’on désigne par le terme d’« ascétique », car il y a là tout au moins une méthode « active », au lieu de l’absence de méthode et de la « passivité » qui caractérisent le mysticisme et sur lesquelles nous aurons à revenir tout à l’heure (3) ; mais il va de soi que ces similitudes sont tout extérieures, et, d’autre part, cette « ascétique » n’a peut-être que des buts trop visiblement limités pour pouvoir être avantageusement utilisée de cette façon, tandis que, avec le mysticisme, on ne sait jamais très exactement où l’on va, et ce vague même est assurément propice aux confusions. Seulement, ceux qui se livrent à ce travail de propos délibéré, non plus que ceux qui les suivent plus ou moins inconsciemment, ne paraissent pas se douter que, dans tout ce qui se rapporte à l’initiation, il n’y a en réalité rien de vague ni de nébuleux, mais au contraire des choses très précises et très « positives » ; et, en fait, l’initiation est, par sa nature même, proprement incompatible avec le mysticisme.

Cette incompatibilité ne résulte pas, d’ailleurs, de ce qu’implique originellement le mot « mysticisme » lui-même, qui est même manifestement apparenté à l’ancienne désignation des « mystères », c’est-à-dire de quelque chose qui appartient au contraire à l’ordre initiatique ; mais ce mot est de ceux pour lesquels, loin de pouvoir s’en rapporter uniquement à l’étymologie, on est rigoureusement obligé, si l’on veut se faire comprendre, de tenir compte du sens qui leur a été imposé par l’usage, et qui est, en fait, le seul qui s’y attache actuellement. Or chacun sait ce qu’on entend par « mysticisme », depuis bien des siècles déjà, de sorte qu’il n’est plus possible d’employer ce terme pour désigner autre chose ; et c’est cela qui, disons-nous, n’a et ne peut avoir rien de commun avec l’initiation, d’abord parce que ce mysticisme relève exclusivement du domaine religieux, c’est-à-dire exotérique, et ensuite parce que la voie mystique diffère de la voie initiatique par tous ses caractères essentiels, et que cette différence est telle qu’il en résulte entre elles une véritable incompatibilité. Précisons d’ailleurs qu’il s’agit en cela d’une incompatibilité de fait plutôt que de principe, en ce sens qu’il ne s’agit aucunement pour nous de nier la valeur au moins relative du mysticisme, ni de lui contester la place qui peut légitimement lui appartenir dans certaines formes traditionnelles ; la voie initiatique et la voie mystique peuvent donc parfaitement coexister (4), mais ce que nous voulons dire, c’est qu’il est impossible que quelqu’un suive à la fois l’une et l’autre, et cela même sans rien préjuger du but auquel elles peuvent conduire, bien que du reste on puisse déjà pressentir, en raison de la différence profonde des domaines auxquels elles se rapportent, que ce but ne saurait être le même en réalité.

(1) C’est ainsi que, spécialement depuis que l’orientaliste anglais Nicholson s’est avisé de traduire taçawwuf par mysticism, il est convenu en Occident que l’ésotérisme islamique est quelque chose d’essentiellement « mystique » ; et même, dans ce cas, on ne parle plus du tout d’ésotérisme, mais uniquement de mysticisme, c’est-à-dire qu’on en est arrivé à une véritable substitution de points de vue. Le plus beau est que, sur des questions de cet ordre, l’opinion des orientalistes, qui ne connaissent ces choses que par les livres, compte manifestement beaucoup plus, aux yeux de l’immense majorité des Occidentaux, que l’avis de ceux qui en ont une connaissance directe et effective !

(2) D’autres s’efforcent aussi de travestir les doctrines orientales en « philosophie », mais cette fausse assimilation est peut-être, au fond, moins dangereuse que l’autre, en raison de l’étroite limitation du point de vue philosophique lui-même ; ceux-là. ne réussissent d’ailleurs guère, par la façon spéciale dont ils présentent ces doctrines, qu’à en faire quelque chose de totalement dépourvu d’intérêt, et ce qui se dégage de leurs travaux est surtout une prodigieuse impression d’« ennui » !

(3) Nous pouvons citer, comme exemple d’« ascétique », les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola, dont l’esprit est incontestablement aussi peu mystique que possible, et pour lesquels il est au moins vraisemblable qu’il s’est inspiré en partie de certaines méthodes initiatiques, d’origine islamique, mais, bien entendu, en les appliquant à un but entièrement différent.

(4) Il Pourrait être intéressant, à cet égard, de faire une comparaison avec la « voie sèche » et la « voie humide » des alchimistes, mais ceci sortirait du cadre de la présente étude.

Nous avons dit que la confusion qui fait voir à certains du mysticisme là où il n’y en a pas la moindre trace a son point de départ dans la tendance à tout réduire aux points de vue occidentaux ; c’est que, en effet, le mysticisme proprement dit est quelque chose d’exclusivement occidental et, au fond, de spécifiquement chrétien. A ce propos, nous avons eu l’occasion de faire une remarque qui nous paraît assez curieuse pour que nous la notions ici : dans un livre dont nous avons déjà parlé ailleurs (5), le philosophe Bergson, opposant ce qu’il appelle la « religion statique » et la « religion dynamique », voit la plus haute expression de cette dernière dans le mysticisme, que d’ailleurs il ne comprend guère, et qu’il admire surtout pour ce que nous pourrions y trouver au contraire de vague et même de défectueux sous certains rapports ; mais ce qui peut sembler vraiment étrange de la part d’un « non-chrétien », c’est que, pour lui, le « mysticisme complet », quelque peu satisfaisante que soit l’idée qu’il s’en fait, n’en est pas moins celui des mystiques chrétiens. A la vérité, par une conséquence nécessaire du peu d’estime qu’il éprouve pour la « religion statique », il oublie un peu trop que ceux-ci sont chrétiens avant même d’être mystiques, ou du moins, pour les justifier d’être chrétiens, il pose indûment le mysticisme à l’origine même du Christianisme ; et, pour établir à cet égard une sorte de continuité entre celui-ci et le judaïsme, il en arrive à transformer en « mystiques » les prophètes juifs ; évidemment, du caractère de la mission des prophètes et de la nature de leur inspiration, il n’a pas la moindre idée (6). Quoi qu’il en soit, si le mysticisme chrétien, si déformée ou amoindrie qu’en soit sa conception, est ainsi à ses yeux le type même du mysticisme, la raison en est, au fond, bien facile à comprendre : c’est que, en fait et à parler strictement, il n’existe guère de mysticisme autre que celui-là ; et même les mystiques qu’on appelle « indépendants », et que nous dirions plus volontiers « aberrants », ne s’inspirent en réalité, fût-ce à leur insu, que d’idées chrétiennes dénaturées et plus ou moins entièrement vidées de leur contenu originel. Mais cela aussi, comme tant d’autres choses, échappe à notre philosophe, qui s’efforce de découvrir, antérieurement au Christianisme, des « esquisses du mysticisme futur », alors qu’il s’agit de choses totalement différentes ; il y a là, notamment, sur l’Inde, quelques pages qui témoignent d’une incompréhension inouïe. Il y a aussi les mystères grecs, et ici le rapprochement, fondé sur la parenté étymologique que nous signalions plus haut, se réduit en somme à un bien mauvais jeu de mots ; du reste, Bergson est forcé d’avouer lui-même que « la plupart des mystères n’eurent rien de mystique » ; mais alors pourquoi en parle-t-il sous ce vocable ? Quant à ce que furent ces mystères, il s’en fait la représentation la plus « profane » qui puisse être ; ignorant tout de l’initiation, comment pourrait-il comprendre qu’il y eut là, aussi bien que dans l’Inde, quelque chose qui d’abord n’était nullement d’ordre religieux, et qui ensuite allait incomparablement plus loin que son « mysticisme », et même, il faut bien le dire, que le mysticisme authentique, qui, par là même qu’il se tient dans le domaine purement exotérique, a forcément aussi ses limitations (7) ?

(5) Les deux sources de la morale et de la religion. – Voir à ce sujet Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, ch. XXXIII.

(6) En fait, on ne peut trouver de mysticisme judaïque proprement dit que dans le Hassidisme, c’est-à-dira à une époque très récente.

(7) M. Alfred Loisy a voulu répondre à Bergson et soutenir contre lui qu’il n’y a qu’une seule « source » de la morale et de la religion ; en sa qualité de spécialiste de l’« histoire des religions », il préfère les théories de Frazer à celles de Durkheim, et aussi l’idée d’une « évolution » continue à celle d’une « évolution » par mutations brusques ; à nos yeux, tout cela se vaut exactement ; mais il est du moins un point sur lequel nous devons lui donner raison, et il le doit assurément à son éducation ecclésiastique : grâce à celle-ci il connaît les mystiques beaucoup mieux que Bergson, et il fait remarquer qu’ils n’ont jamais eu le moindre soupçon de quelque chose qui ressemble si peu que ce soit à l’« élan vital » ; évidemment, Bergson a voulu en faire des « bergsoniens » avant la lettre, ce qui n’est guère conforme à. la simple vérité historique ; et M. Loisy s’étonne aussi à juste titre de voir Jeanne d’Arc rangée parmi les mystiques. – Signalons en passant, car cela encore est bon à enregistrer, que son livre s’ouvre par un aveu bien amusant : « L’auteur du présent opuscule, déclare-t-il, ne se connait pas d’inclination particulière pour les questions d’ordre purement spéculatif ». Voilà du moins une assez louable franchise ; et puisque c’est lui-même qui le dit, et de façon toute spontanée, nous l’en croyons bien volontiers sur parole !

Nous ne nous proposons point présentement d’exposer en détail et d’une façon complète toutes les différences qui séparent en réalité les deux points de vue initiatique et mystique, car cela seul demanderait tout un volume ; notre intention est surtout d’insister ici sur la différence en vertu de laquelle l’initiation, dans son processus même, présente des caractères tout autres que ceux du mysticisme, voire même opposés, ce qui suffit à montrer qu’il y a bien là deux « voies » non seulement distinctes, mais incompatibles dans le sens que nous avons déjà précisé. Ce qu’on dit le plus souvent à cet égard, c’est que le mysticisme est « passif », tandis que l’initiation est « active » ; cela est d’ailleurs très vrai, à la condition de bien déterminer l’acception dans laquelle on doit l’entendre, exactement. Cela signifie surtout que, dans le cas du mysticisme, l’individu se borne à recevoir simplement ce qui se présente à lui, et tel qu’il se présente, sans que lui-même y soit pour rien ; et, disons-le tout de suite, c’est en cela que réside pour lui le danger principal, du fait qu’il est ainsi « ouvert » à toutes les influences, de quelque ordre qu’elles soient, et qu’au surplus, en général et sauf de rares exceptions, il n’a pas la préparation doctrinale qui serait nécessaire pour lui permettre d’établir entre elles une discrimination quelconque (8). Dans le cas de l’initiation, au contraire, c’est à l’individu qu’appartient l’initiative d’une « réalisation » qui se poursuivra méthodiquement, sous un contrôle rigoureux et incessant, et qui devra normalement aboutir à dépasser les possibilités mêmes de l’individu comme tel ; il est indispensable d’ajouter que cette initiative ne suffit pas, car il est bien évident que l’individu ne saurait se dépasser lui-même par ses propres moyens, mais, et c’est là ce qui nous importe pour le moment, c’est elle qui constitue obligatoirement le point de départ de toute « réalisation » pour l’initié, tandis que le mystique n’en a aucune, même pour des choses qui ne vont nullement au delà du domaine des possibilités individuelles. Cette distinction peut déjà paraître assez nette, puisqu’elle montre bien qu’on ne saurait suivre à la fois les deux voies initiatique et mystique, mais elle ne saurait cependant suffire ; nous pourrions même dire qu’elle ne répond encore qu’à l’aspect le plus « exotérique » de la question, et, en tout cas, elle est par trop incomplète en ce qui concerne l’initiation, dont elle est fort loin d’inclure toutes les conditions nécessaires ; mais, avant d’aborder l’étude de ces conditions, il nous reste encore quelques confusions à dissiper.

(8) C’est aussi ce caractère de « passivité » qui explique, s’il ne les justifie nullement, les erreurs modernes qui tendent à confondre les mystiques, soit avec les médiums et autres « sensitifs », au sens que les « psychistes » donnent à ce mot, soit même avec de simples malades.

Publié dans : René Guénon | le 2 juin, 2013 |1 Commentaire »

Le Taçawwuf est-il une « bid`ah » ? (le soufisme est-il une « innovation » ?)

  • Le Taçawwuf est-il une

Bismi Allah ar-Rahman ar-Rahim/سم الله الرحمن الرحيم‬/ Au nom de Dieu,Clément et Miséricordieux.     

Nous entendons aujourd’hui de plus en plus de musulman(e)s (le plus souvent jeunes) remettre en cause le taçawwuf que l’on traduit en français par « soufisme ». Le taçawwuf fait pourtant parti intégrante de la doctrine islamique et en est même le cœur. Souvent influencés par les prédicateurs rigoristes se réclamant du salafisme et/ou du wahhabisme (nous reviendrons lors d’un prochain article sur ces《courants》) certains musulman(e)s se voient par là même privé(e)s de ce que la doctrine islamique a de plus profond et de son symbolisme universel. Pour ces prédicateurs, le taçawwuf serait une hérésie, une « bida’a (une innovation) des plus néfaste remettant en cause la doctrine du Tawhid (l’Unicité) qui est le fondement de la doctrine islamique. La réalité est que ces prédicateurs n’ayant pas la « capacité » (et dans cet ordre là légalité n’existe pas…) de compréhension de ce qui de l’ordre de la Haqiqa (la Réalité divine, spirituelle) et  n’ayant que la compréhension de la Sharia, autrement dit des normes extérieures (parfois même leurs interprétations de celles là ne sont pas correctes, pas juste et sont pleines d’approximations) pensent que ce qu ils ne comprennent pas est donc en dehors de « l’orthodoxie »

Lorsque nous entendons les exposés de ces prédicateurs nous sommes étonnés de voir autant d’ignorance (et parfois de mauvaise foi) quand ceux ci donnent des exemples ou montrent des images et des vidéos des « pratiques soufi » : sabre enfoncé jusqu’au fond de la gorge, mouton littéralement déchiqueté par des gens, shikr (associationnisme, c’est à dire associer quelqu’un chose ou quelqu’un d’autre à Dieu),….Tout cela parait complètement farfelu pour des personnes cheminant dans une tariqa ( en français le mot tariqa est traduit et compris par confrérie soufie). Nous nous demandons sincèrement: pourquoi tant de mensonges et de raccourcis de leur part ? S’il existe certainement des « déviances » (partout où il y a des êtres humains il y a probabilité et possibilité de déviance) qu’il faut à juste titre dénoncer, il y a aussi et surtout de « grandes turuq (pluriel de tariqa) », connues et reconnues des savants de la science exotérique. Tariqa Qadiriya, tariqa Shadiliya, tariqa Alawiya, tariqa Naqshbandi et bien d’autres encore…Leurs pratiques est avant tout basé sur le Coran et la Sunna (tradition prophétique) : respect des normes extérieures (sharia), prières surérogatoires, dhikr (invocation), examen de conscience, lecture de prière sur le prophète Muhammad (que le la paix et le salut soit sur lui), samaa (chants religieux) à la gloire de Dieu et de son prophète,….
 
Si nous tenons à faire ces précisions sur la vision de ces prédicateurs en général ce n’est pas afin de polémiquer mais simplement afin d’informer nos lecteurs et aussi de défendre « l’esprit » qui vivifie la « lettre »…Très souvent aujourd’hui les personnes qui souhaitent ce renseigner sur la doctrine islamique vont sur internet. Hors internet pullule de sites mal faits, approximatifs et  plus que souvent de 《tendance salafo-wahhabite》 (même s’il y a heureusement quelques sites internet de grandes qualité1). Il faut prendre conscience de ce problème devenu aujourd’hui central, se rajoutent à cela les chaînes de télévision religieuses des pays adeptes de l’idéologie salafo-wahhabite et les livres vendus à prix plus que réduit quand ils ne sont pas distribués gratuitement, tout cela financé notamment grâce aux pétrodollars…Un « rééquilibrage » nous paraît donc nécessaire, très modestement nous apportons notre contribution.
A ce titre nous vous proposons donc de lire les avis sur le taçawwuf de différents personnages et notamment de savants religieux connus de tous :

Ahmad Ibn Taymiyah
« Certains ont critiqué les Soufis et le Soufisme en disant qu’ils étaient des innovateurs, en dehors de la Sounna, mais la vérité est qu’ils s’efforcent d’obéir à Dieu [...] Parmi eux on trouve les personnes les plus proches (de Dieu) grâce à leurs efforts ». (Majmu’ al Fatawa al-Koubra, vol. 11)
« Les grands maîtres Soufi sont bien connus et acceptés, tels que : Bayazid Al-Bistami, Cheikh Abdoul Qadir Al-Jilani, Junaid Ibn Mouhammad, Hasan Foudayl Al-Basri, Al-ibn Al-Ayyad, Ibrahim Bin Al-Adham, Abi Souleyman ad-Darani, Ma’rouf Al-Karkhi, Siri as-Saqati, Cheikh Hammad, Cheikh Aboul Bayan. [...] Ces grands Soufis était les leaders de l’humanité et ils appelaient à ce qui était juste et interdisait ce qui était mauvais ». (Majmu’ al-Fatawa al-Koubra, vol. 10)
« En ce qui concerne les Soufis, ils affirment l’amour (de Dieu), et ceci est plus évident chez eux que parmi les autres. La base de leur voie est simplement la volonté et l’amour.
L’affirmation de l’amour de Dieu est bien connue dans le langage de leurs premiers et de leurs maîtres récents, comme cela est affirmé dans le Livre et la Sounna et dans le concensus des predecesseurs. ». (al-Ihtijaj bi al-qadar p.38)
L’Imâm Al-Ghazâlî 
Et voilà les propos de l’Argument de l’Islam, Abû Hâmid Al-Ghazâlî, que Dieu lui fasse miséricorde, lorsqu’il a parlé, dans son livre Al-Munqidh min Ad-Dalâl, des Soufis, de leur comportement et de leur voie authentique menant à Dieu :
« J’ai su avec certitude que les Soufis sont les itinérants vers Dieu, que leurs historiques sont les meilleurs de tous, leur voie est la plus correcte de toutes et leurs manières sont les plus nobles et les plus pures. »
Puis il a répondu à ceux qui critiquent les Soufis et les attaquent : « En somme, que diront ceux-là d’une voie dont la purification – qui en est la condition première – consiste à purifier le cœur entièrement de tout ce qui est autre que Dieu – Exalté soit-Il ? Que diront-ils d’une voie dont la clef est l’entière absorption du cœur dans la mention de Dieu et son terme est l’entière extinction (Fanâ’ bil-Kuliyyah) pour Dieu ? »
L’Imâm Mâlik 
« Quiconque s’initie au Fiqh (jurisprudence) sans s’initier au Tasawwuf tombe dans la perversion. Et quiconque s’initie au Tasawwuf sans s’initier au Fiqh tombe dans l’hérésie. Quiconque allie les deux atteint la vérité. »
L’Imâm Ahmad Ibn Hambal 
Il disait à son fils `Abd Allâh, avant d’avoir accompagné des Soufis : « Mon fils, je te recommande la science du Hadîth. Gare à toi de la compagnie de ceux qui s’appellent Soufis, car il se peut que l’un d’eux soit ignorant des lois de la religion. » Quand il connut le Soufi Hamzah Al-Baghdâdî et lorsqu’il connut l’état spirituel des Soufis, il dit à son fils : « Ô mon fils, je te recommande la compagnie de ces gens, ils nous ont surpassés en science, en observance, en crainte de Dieu et en ascétisme. »
L’érudit hambalite Muhammad As-Safarînî, que Dieu lui fasse miséricorde, a rapporté d’après Ibrâhîm Ibn `Abd Allâh Al-Qalânisî, que Dieu lui fasse miséricorde, que l’Imâm Ahmad Ibn Hambal a dit des Soufis : « Je ne connais guère de gens meilleurs qu’eux. » On lui dit : « Mais ils font le samâ` et atteignent des états de wajd! » Il dit : « Laissez-les se réjouir quelques instants avec Dieu. »
L’Imâm Abû Hanîfah 
Il a dit : « Pour clôturer cette épître, je te rapporte des témoignages au sujet du Tasawwuf de la part d’illustres savants de la Communauté, des prédicateurs et des penseurs, depuis les premiers temps de l’Islam jusqu’à nos jours.
J’estime qu’à ce stade tu n’as guère besoin de ces témoignages, maintenant que tu connais l’essence du Tasawwuf et que tu as vu qu’il constitue l’âme de l’Islam et l’un des trois fondements de la religion : l’Islâm, l’Îmân (la foi) et l’Ihsân (l’excellence).
Hélas certaines personnes sont aveuglées et incapables de voir la lumière. Elles ont méprisé les vérités de l’Islam et ont jugé les Soufis à partir des œuvres de certains déviants et innovateurs parmi les faux-prétendants au Tasawwuf, sans accomplir une recherche minutieuse de la vérité. C’est à ceux-là, et à toute personne qui ignore la vérité du Tasawwuf, que nous rapportons ces dires, afin qu’ils prennent conscience des effets du Tasawwuf et de son caractère indispensable pour revivifier les cœurs et éduquer les âmes. Nous rapportons cela afin qu’ils prennent connaissance des fruits du Tasawwuf et de son rôle dans la propagation de l’Islam dans divers pays et contrées. »
L’Imâm Ash-Shâfi`î 
« J’ai accompagné les Soufis, je n’ai appris d’eux que deux mots (et selon une autre narration : que trois mots). Leur affirmation : le temps est tel un sabre, si tu ne le tranches pas, il te tranchera. Et Leur affirmation : si tu n’occupes pas ton esprit par la vérité, il t’occupera par l’erreur. Et leur parole : la privation est une protection. »
Il dit aussi : « De ce monde-ci, j’ai aimé trois choses : délaisser les manières artificielles, vivre parmi les gens avec douceur et prendre exemple sur la voie des gens du Tasawwuf. »
L’Imâm An-Nawawî 
Il dit dans son épître Al-Maqâsid :
« Les fondements de la Voie du Tasawwuf sont au nombre de cinq :
La crainte révérencielle envers Dieu, et ce, en public comme en privé.
Suivre la Sunnah dans les œuvres et les paroles.
S’écarter des futilités des gens et ne pas avoir recours à eux.
Être satisfait de Dieu, qu’Il te donne peu ou prou.
Avoir toujours recours à Dieu dans les moments heureux comme dans l’adversité. »
Al-`Izz Ibn `Abd As-Salâm 
Le Sultan des Savants, `Izz Ad-Dîn Ibn `Abd As-Salâm dit :
« Les Soufis s’appuyèrent sur les bases de la Sharî’ah (Législation islamique) qui ne s’effondrent ni dans l’ici-bas ni dans l’au-delà, alors que les autres en restèrent à des apparences (Rusûm). Parmi les choses qui en témoignent, citons leurs prodiges (karamât). Il s’agit là d’un des dons que Dieu leur accorde, montrant qu’Il est satisfait d’eux. Et si la science sans oeuvre satisfaisait le Vrai, qu’Il Soit Exalté, Il aurait comblé ses détenteurs de prodiges, même si ils n’oeuvraient pas comme eux. Mais il n’en est rien, il n’en est rien. »
Ibn Al-Qayyim 
Il a dit : « Nous pouvons nous rendre compte de l’importance qu’avaient les Soufis aux yeux de la première génération de Musulmans grâce à Soufyan ath-Thawri (161 H), un des plus grands imams de la seconde génération et un des plus grands juristes. Il a dit : « Si je n’avais pas connu Abou Hicham as-Soufi (115 H), je ne me serais jamais aperçu des formes subtiles de l’hypocrisie de l’Ego ». Parmi les meilleures personnes on trouve le Soufi qui connaît la jurisprudence ». (Manazil as-Sa’irin)

1-http://www.doctrine-malikite.fr/

 

 El mutaçawwuf .

Pour aller plus loin : Le lien vers le livre en format PDF: http://www.sendspace.com/file/i7qcb7

lettre-ouverte-a-celui-qui-critique-le-soufisme-ahmad-al-alawi-9782951647602-184x300 dans Taçawwuf

 

Publié dans : Taçawwuf | le 19 mars, 2013 |7 Commentaires »

Discours contre les discours

Discours contre les discours dans René Guénon guenon-author-pg-image-2

Bismi Allah ar-Rahman ar-Rahim/سم الله الرحمن الرحيم‬/ Au nom de Dieu, Clément et Miséricordieux.

Nous tenons a partager ce discours que prononça fin juin 1917 René Guénon (qui transmis a travers son oeuvre la pensée Traditionnelle) quand celui ci était professeur de philosophie au collège de Saint-Germain-en-Laye. Son discours fut publié dans le《Bulletin municipal》de la localité puis présent dans la revue des Études Traditionnelles, nº428 (Novembre-Décembre 1971). Vous pourrez remarquez chers lecteurs-lectrices une fois de plus (pour les personnes connaissant déjà René Guénon) toute la pertinence de ce discours…

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

Chers Elèves,

En prenant la parole aujourd’hui devant vous pour me conformer à l’usage, je me sens, je l’avoue, un peu gêné lorsque ma pensée se reporte aux circonstances tragiques dans lesquelles nous vivons depuis bientôt trois ans, et qui devraient, semble-t-il, bannir de nos esprits toute préoccupation étrangère. Aussi j’éprouve un véritable scrupule, et comme un besoin de m’excuser et de me justifier, même, et peut-être surtout, à mes propres yeux. L’heure, en effet, est-elle bien aux discours ? et est-il bien logique d’accepter la tâche d’en prononcer un, lorsqu’on est convaincu, comme je le suis, de la parfaite inutilité de tous ces déploiements d’éloquence plus ou moins sonore, dont certaines solennités sont l’habituelle occasion ? Mais il est des usages auxquels, n’ayant pas le pouvoir de les changer, on est forcé de se soumettre ; et, si du moins ce discours pouvait avoir pour résultat, assez paradoxal en apparence, de vous persuader de la vanité de cette éloquence à laquelle je viens de faire allusion, je crois que nous n’aurions pas tout à fait perdu notre temps.

On a dit, sans doute en plaisantant, que le langage avait été donné à l’homme pour déguiser sa pensée mais ceci renferme pourtant une vérité plus profonde qu’on ne serait tenté de le supposer au premier abord, à la condition, toutefois, d’ajouter que ce déguisement peut être inconscient et involontaire. En effet, le rôle essentiel du langage est d’exprimer la pensée, c’est-à-dire de la revêtir d’une forme extérieure et sensible, au moyen de laquelle nous puissions la communiquer à nos semblables, dans la mesure, du moins, où elle est communicable ; et c’est sur cette restriction que j’appelle plus particulièrement votre attention. Peut-on dire que l’expression soit jamais adéquate à la pensée, et toute traduction n’est-elle pas, par sa nature même, forcément infidèle ? « Traduttore, traditore », dit un proverbe italien bien connu, qui, pour ressembler à un peu à un jeu de mots dans son extrême concision, n’en est pas moins juste, et à tel point qu’il est extrêmement difficile et rare de trouver, dans deux langues différentes, même assez voisines l’une de l’autre, des termes qui se correspondent exactement, de telle sorte que plus une traduction veut être littérale, plus elle s’éloigne, bien souvent, de l’esprit du texte. Et s’il en est ainsi lorsqu’il s’agit simplement de passer d’une langue à une autre, c’est-à-dire d’une certaine forme sensible à une autre forme de même nature, de changer en quelque sorte le vêtement de la pensée, combien ne doit-il pas être plus difficile encore de faire entrer dans les formes étroites et rigides du langage cette pensée elle-même, qui est essentiellement indépendante de tout signe extérieur et radicalement hétérogène à son expression ? Pour comprendre combien la pensée pure doit être par là amoindrie, réduite et comme schématisée, il ne faut qu’un instant de réflexion, à moins qu’on ne partage les illusions de certains philosophes qui, aveuglés par l’esprit de système, ont cru que toute la pensée pouvait et devait s’enfermer dans une sorte de formule conçue suivant le type mathématique. Ce qui est vrai, au contraire, c’est que ce qu’expriment les mots ou les signes n’est jamais le tout de la pensée, que celle-ci contient toujours en elle-même une part d’inexprimable, donc d’incommunicable, et que cette part est d’autant plus grande que la pensée est d’un ordre plus élevé, parce qu’elle est alors plus éloignée de toute figuration sensible. Ce que nous pouvons livrer à nos semblables, ce n’est donc pas notre pensée elle-même, ce n’en est qu’un reflet plus ou moins indirect et lointain, un symbole plus ou moins obscur et voilé ; et c’est pourquoi le langage, vêtement de la pensée, en est forcément aussi, et par là même, le déguisement.

Mais, que le langage soit un déguisement de la pensée, cela suppose encore, évidemment, qu’il y a une pensée cachée derrière les mots ; en est-il toujours ainsi pour tous les hommes ? On peut être tenté d’en douter, et de se demander si, pour certains, les mots eux-mêmes n’arrivent pas à prendre presque entièrement la place d’une pensée absente. N’en est-il pas beaucoup trop qui, incapables de penser vraiment et profondément, parviennent pourtant à s’en donner l’illusion à eux-mêmes, et quelquefois à la donner aux autres, en enchaînant avec plus ou moins d’habileté et d’art des mots qui ne sont guère que des formes vides, des sons qui, pour présenter peut-être un assemblage harmonieux, n’en sont pas moins dépourvus de signification réelle ? Certes, le langage rend à la pensée de grands et précieux services, non seulement en nous fournissant un moyen de la transmettre autant qu’elle en est susceptible, mais aussi en nous aidant à la préciser et en nous permettant de nous la mieux définir à nous-mêmes, de la rendre plus complètement et plus clairement consciente ; mais, à côté de ces avantages incontestables, il y a de graves inconvénients auxquels donne lieu le langage, ou, si l’on préfère, l’abus du langage, et dont le moindre n’est pas ce verbalisme que je vous dénonçais tout à l’heure, verbalisme dont ce qu’on est convenu d’appeler l’éloquence n’est trop souvent que la déplorable manifestation.

On se tromperait étrangement, en effet, si l’on s’imaginait que le succès des orateurs les plus réputés est dû, dans la plupart des cas, à la vérité, à la justesse ou à l’élévation des idées qu’ils expriment. Il n’est pas nécessaire d’avoir des idées pour être éloquent, et peut-être même serait-ce plutôt un obstacle, surtout lorsqu’on veut s’adresser à la foule ; car, il faut bien le reconnaître, la grande masse des hommes a des impressions bien plus que des idées, et c’est pourquoi elle se laisse si facilement subjuguer et entraîner par des mots qui, d’ordinaire, sont d’autant plus sonores qu’ils sont plus vides de sens, et par là d’autant plus aptes à tenir lieu de pensée à ceux qui n’en ont pas. Aussi le pouvoir de l’orateur, et plus spécialement de l’orateur populaire, est-il, presque exclusivement, un pouvoir d’ordre physique : les gestes, les attitudes, les jeux de la physionomie, les intonations de la voix, l’harmonie des phrases, voilà quels en sont les principaux éléments. L’orateur a, sous ce rapport, plus d’un point de ressemblance avec l’acteur : ce qui importe, c’est beaucoup moins ce qu’il dit que la façon dont il le dit ; c’est aux facultés sensibles de son auditoire qu’il s’adresse, souvent aussi à ses sentiments ou à ses passions, parfois à son imagination, mais bien rarement à son intelligence. Et ce rôle prépondérant des moyens physiques dans l’art, j’allais dire dans le jeu de l’orateur, nous explique pourquoi les discours de ceux qui ont exercé la plus grande influence sur les foules nous apparaissent, à la lecture, d’une étonnante insignifiance, d’une désespérante banalité. C’est aussi pourquoi il est fort rare qu’un même homme unisse en lui les dons si divers de l’écrivain et de l’orateur : l’écrivain, qui n’a pas à sa disposition les mêmes moyens extérieurs, a besoin de qualités d’un tout autre ordre, moins brillantes peut-être, mais aussi moins superficielles et plus solides au fond ; et d’ailleurs l’oeuvre de l’orateur n’a sa raison d’être que dans une circonstance déterminée et passagère, tandis que celle de l’écrivain doit avoir normalement une portée plus durable. Du moins, il devrait en être ainsi, mais bien entendu, il y a en fait bien des écrivains dont les phrases ne contiennent pas plus de pensée que celles des orateurs dont je viens de parler, et bien de la littérature qui n’est en somme que de la mauvaise éloquence, et qui, fixée sur le papier, n’a même pas les charmes artificiels que pourrait lui prêter une diction agréable ou savante; et naturellement, en m’attaquant à l’éloquence verbale, j’entends y faire rentrer aussi, et au même titre, toute cette vaine littérature.

Maintenant, quelles sont les causes qui donnent naissance à ce verbalisme creux et stérile? Elles sont sans doute assez complexes, et je ne voudrais pas m’engager ici dans une étude trop approfondie de cette question. Il se peut que, parmi ces causes, il y en ait qui soient inhérentes à la nature humaine en général, ou plus particulièrement au tempérament de certains peuples ou de certains ; mais c’est aussi, en partie, une affaire d’éducation. Comme les Athéniens autrefois, les Français ont assez généralement la réputation d’avoir un goût exagéré pour l’éloquence, d’aucuns disent pour le bavardage ; et dans cette critique, que nous adressent mêmes nos meilleurs amis, il y a quelque chose de vrai. Je devrais dire plutôt : il y avait quelque chose de vrai, car aujourd’hui, fort heureusement pour nous, il semble que les choses aient un peu changé ; mais j’y reviendrai tout à l’heure. Je viens de vous dire que l’on comparait volontiers, sous ce rapport, les Français aux Athéniens ; faut-il admettre, pour l’expliquer, que notre tempérament national se rapproche étrangement de celui des anciens Grecs ? Je ne le crois pas ; je croirai plutôt qu’une telle similitude qui ne se fonde sur aucune communauté de race, se justifie seulement par l’influence exagérée et trop exclusive que la civilisation hellénique a exercée sur la nôtre, c’est-à-dire qu’elle est surtout le produit artificiel d’une certaine éducation. Assurément, il ne faut ni méconnaître ni mépriser ce qu’ont fait les Grecs dans divers domaines ; mais il ne faut pas non plus, dans l’excès d’une admiration qui touche parfois au fanatisme, croire qu’il n’existe rien qui vaille en dehors de ce qu’ils ont fait, ni se refuser à voir, à côté de leurs mérites qui sont très réels, leurs défauts qui ne le sont pas moins, et dont un des plus marqués est précisément la fâcheuse tendance au verbalisme. Ce défaut est nettement sensible jusque chez les plus grands d’entre eux ; et chez Platon lui-même, le type le plus représentatif peut-être de la mentalité hellénique, la dialectique trop subtile, pour qui l’examine en toute impartialité et en évitant de s’en laisser imposer par la beauté de la forme, apparaît souvent comme n’étant au fond qu’un amusement assez vain, qui repose beaucoup plus sur les mots que sur les idées, et qui ne saurait conduire à aucune conclusion vraiment profonde. J’ai parlé de la beauté de la forme ; c’est que les Grecs, il ne faut pas l’oublier, étaient avant tout des artistes, qu’ils l’étaient en tout ce qu’ils faisaient, et qu’ils poussaient à l’extrême le culte de la forme, au détriment de la profondeur et de l’étendue de la pensée ; on pourrait même dire, sans aucune exagération, qu’ils ne concevaient rien au-delà de la forme et de ses limitations, à tel point que, pour eux, fini et parfait étaient des termes synonymes. Sans doute, l’art en lui-même, n’est ni à négliger ni à dédaigner ; mais il faut savoir mettre chaque chose à sa place, et ne pas permettre à ce culte de la forme, légitime quand il ne dépasse pas certaines bornes, d’envahir le domaine de la pensée pure, ni d’autre part, de réagir outre mesure sur le domaine de l’action. Et pourtant, n’est-ce pas là ce qu’on a fait trop longtemps, sous l’influence et à l’imitation de la civilisation grecque, ou gréco-latine ? et beaucoup d’entre nous, ceux du moins dont la culture fut à peu près exclusivement littéraire, n’ont-ils pas encore à regretter d’avoir reçu une éducation toute verbale, qui trouvait sa plus complète expression dans le « discours latin », exercice aujourd’hui tombé dans l’oubli ? On peut déplorer la tendance qui pousse certains à abandonner complètement l’étude de l’antiquité ; mais la connaissance réelle et exacte de cette antiquité est tout autre chose que cette rhétorique puérile, qui ne consistait guère qu’en un assemblage de formules copiées servilement ou apprises de mémoire, et appliquées indistinctement à tous les sujets : au lieu que l’idée fût indépendante du mot, comme elle doit l’être naturellement, c’était le mot qui, au contraire, devenait indépendant de l’idée et usurpait sa place.

Cependant, les Français n’ont jamais, autant que les Grecs, abusé de l’éloquence, et elle n’est jamais parvenue à absorber la totalité de leur existence nationale : la Grèce antique est morte de cet abus ; la France, elle, n’en mourra pas. Nous avons suffisamment prouvé déjà que nous étions heureusement capables d’autre chose que de discourir, et nous continuons à le prouver chaque jour. Et c’est bien là, précisément, ce qui montre le caractère assez artificiel qu’avait chez nous ce goût de l’éloquence : les circonstances l’ont rapidement, sinon fait disparaître tout à fait, ce qui ne pouvait se produire d’un seul coup, du moins relégué au dernier plan. On peut dire, sans rien exagérer, que c’est une véritable victoire que nous avons ainsi remportée sur nous-mêmes, sur nos anciennes habitudes; et ces victoires-là ont leur importance, car elles sont une condition des autres, de celles que nous devons remporter sur l’ennemi. L’éloquence n’est plus guère à la mode, et il est facile de s’apercevoir qu’elle a singulièrement perdu de son prestige; depuis le début de cette guerre, en effet, qu’est-ce qui a le plus fortement frappé les esprits ? La proclamation de Galliéni aux Parisiens, l’ordre du jour de Joffre lors de la bataille de la Marne, celui de Pétain à Verdun : quelques lignes très simples, disant nettement ce qu’elles veulent dire, sans grands mots, sans détours et sans ornements inutiles, sans aucune vaine phraséologie ; et c’est cela qui restera, croyez-le bien, et qui laissera une impression autrement durable que les plus beaux discours des hommes politiques, dont certains, pourtant, sont pleins d’un incontestable talent. L’éloquence a reçu un coup dont elle ne se relèvera peut-être jamais, et il n’y a pas lieu de le déplorer ; ne nous laissons plus duper par les mots comme cela nous est arrivé trop souvent, mais sachons désormais, dans tous les domaines, regarder en face les réalités, les voir telles qu’elles sont : voilà assurément une des premières leçons que nous devrons tirer des événements actuels, si nous ne voulons pas avoir souffert en vain.

Nos héroïques soldats perdent-ils la moindre partie de leur temps en discours et en déclarations ? Non, car ils ont plus et mieux à faire, et ils le savent bien « Res, non verba » ; ce que nous attendions d’eux, ce sont des actes, non des paroles, et ils tiennent. Et vous aussi, chers Elèves, quand le moment sera venu pour vous de quitter ce Collège, vous aurez mieux à faire que de vous attarder aux jeux de l’éloquence : quelques-uns, peut-être, seront encore appelés à prendre place auprès de leurs aînés ; mais ce qui est certain, c’est que tous, même les plus jeunes, vous aurez à remplir d’autres devoirs, une autre tâche plus obscure sans doute, mais non moins nécessaire, pour réparer les ruines que cette longue et terrible lutte aura accumulées, et pour aider les glorieux survivants à recueillir et à faire fructifier toutes les conséquences de leur victoire. Vous aurez encore à lutter sur un autre terrain, car la plupart d’entre vous, vraisemblablement, seront des hommes d’action : il semble bien, aujourd’hui plus que jamais, que le domaine de la pensée pure doive demeurer l’apanage d’un petit nombre, et il est peut-être bon qu’il en soit ainsi, s’il est vrai que la spéculation et l’action vont d’ordinaire assez mal ensemble. Pour être prêts à agir quand il le faudra, et quelle que soit la forme sous laquelle votre activité devra s’exercer, vous aurez à devenir des hommes dans toute l’acception du mot, plus vite et plus tôt que ne le devenaient les jeunes gens de certaines générations qui précédèrent la vôtre, alors qu’il n’y avait pas tant de vides à combler dans tous les rangs de la nation. Travaillez-y donc dès maintenant, chers Élèves, préparez-vous, de toutes les forces de votre intelligence et de votre volonté, au rôle que la patrie, à un jour prochain, sera en droit d’exiger de vous ; habituez-vous, sans retard à envisager sérieusement l’avenir, tout en méditant les exemples d’héroïsme que vous donnent vos aînés, exemples qui vous inciteront à ne jamais faillir à votre devoir, quel qu’il puisse être, pas plus qu’ils n’auront failli au leur au milieu d’épreuves qui sont parmi les plus redoutables que l’humanité, en aucun temps, ait traversées, et dont le souvenir vous rendra votre propre tâche plus facile et moins dure à accomplir. 

 

Publié dans : René Guénon | le 7 février, 2013 |2 Commentaires »

Introduction au blog

Introduction au blog Sans-titre1-194x300aikido-logo2-141x300

Bismi Allah ar-Rahman ar-Rahim/سم الله الرحمن الرحيم‬/ Au nom de Dieu clément et Miséricordieux 

Arts martiaux, islam-soufisme et métaphysique ? Un blog traitant d’arts martiaux, de métaphysique et en plus de l’islam ? N’y a t-il pas assez de blogs ou sites internet à ce sujet qu’est l’islam ? N’y a t-il pas aussi une liste longue de pages web sur les arts martiaux et la métaphysique ? Questions qui méritent d’êtres posées. Elles méritent aussi une réponse, la voici. 

Pour commencer, nous tenons à dire que nous ne nous positionnons pas à l’image de ces blogs qui publient un article par jour voir plus. Nous estimons que des articles ou publications de qualité doivent avoir pour but de favoriser la réflexion en profondeur, tant sur le plan de l’intellect que sur celui de la vie intérieure, et que nous avons besoin également de réflexion pour faire des articles de qualité. Nous ne sacrifierons jamais la qualité à la quantité. De plus nous ne sommes pas écrivains, journalistes ou « blogueurs » professionnels, nous avons également une vie professionnelle, familiale et spirituelle, cette dernière étant le pilier qui soutient tous les autres et celle qui a nos yeux nous paraît la plus essentielle et primordiale, voilà pourquoi ce blog n’est pas le centre de notre existence. En plus d’articles, ce blog publiera aussi des vidéos, photos, biographies et extraits d’ouvrages ayant trait aux arts martiaux, à l’islam-soufisme et à la métaphysique. Il sera aussi question de la critique du monde moderne et de ce que celui-ci a engendré : la destruction de la vie traditionnelle.

Concernant le terme métaphysique, nous tenons à apporter les précisions suivantes : par le terme métaphysique nous entendons toute doctrine initiatique orthodoxe telle que la définit René-Abd Al Wahid Yahya Guénon. 

Sur les arts martiaux,nous devrons également faire une remarque, ceux dont nous parlerons ici seront les arts martiaux tel qu’enseignés par des maitres comme Ô Sensei Morihei Ueshiba. Ce sera la voie de l’art martial entendue au sens traditionnel du terme, celle qui est reliée à une vue ésotérique, spirituelle et métaphysique de la vie. Celui qui est éloigné de l’idéologie de compétition, de l’esprit sportif et qui est un vrai « budō » au sens où Ô Sensei Morihei Ueshiba l’enseignait c’est-à-dire comme une « voie de création et de mise en ordre du monde ».

Sur l’islam, nous aborderons autant son côté exotérique que son côté spirituel et ésotérique nommé en Occident « Soufisme » qui est un terme inapproprié (nous reviendrons sur cette problématique lors d’un futur article). Le terme exact en arabe étant « taçawwuf ». Si nous nous concentrerons sur l’islam, c’est que nous sommes rattachés à cette forme religieuse de manière exotérique et ésotérique.

Les arts martiaux, l’islam et la métaphysique sont des sujets avec des points de rencontre nombreux et pourtant inconnus de la part de nos contemporains, le point central étant la métaphysique. Il se peut que la Vérité prenne des formes différentes, mais elle reste toujours la Vérité. Pour conclure nous nous arrêterons sur ces paroles contemporaines d’un saint musulman vivant : “Dans le jardin les fleurs sont multiples mais l’eau est Une. “

 

 

El mutaçawwuf.

Publié dans : Non classé | le 25 août, 2012 |14 Commentaires »

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